Henri Knoppik

 

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Henri Knoppik est né le 24 octobre 1932 à Homécourt, en Meurthe-et-Moselle. Un père avec 15 ans de Légion, ça forme et, en octobre 1950, il fait part à ses parents de son désir de s'engager dans l'armée pour faire carrière comme lui. Mais les nouvelles récentes du désastre de la RC4 à Cao Bang le privèrent de l'autorisation parentale nécessaire (la majorité légale était à 21 ans à l'époque). Et puis finalement, à force d'insister, il obtint quand-même l'autorisation de faire une préparation militaire parachutiste, à Nancy.

 

Un jour, il voit à Metz une affiche éditée par la brigade parachutiste de Vannes, et c'est le déclic.

 

"victime des affiches en couleurs"

 

 

Le 26 septembre 1951, enfin muni de l'autorisation parentale, Henri Knoppik se rend à la caserne Ney à Metz et signe un engagement de trois ans pour les parachutistes coloniaux.

 

Entrée de la caserne Ney à Netz (photo (c) Wikipédia)

 

 

Arrivée à Vannes-Meucon puis déplacement à St-Brieuc pour rejoindre son unité, voilà Henri Knoppik 2e classe au 6e BPC de Marcel Bigeard avec Jean Herraud. Brevet militaire de parachutiste le 25 janvier 1952 "avec des pépins américains réformés, plein de trous recousus".

 

5 juillet 1952, embarquement sur le Skaugoum. "3 500 bonhommes dans un bateau sans hublots". Arrivée au Cap-Vert, changement de bateau pour le Saint-Michel, direction Haïphong, puis Hanoï en train. Installation au Séminaire.

 

15 octobre, mise en alerte du bataillon et saut sur Tu Lê le lendemain. Le 23, pendant le repli, Henri Knoppik était en fin de colonne et il fut blessé par un tir. Grenadier-voltigeur, il portait de nombreuses munitions assez lourdes et sauta dans un fossé au bord de la piste pour se déséquiper et évaluer sa blessure. Mais une pointe de baionnette qui s'enfonça soudain (légèrement) dans son dos lui fit comprendre que la guerre était finie pour lui.

 

Le prisonnier Knoppik est réuni avec ses autres camarades et les blessés dont s'occupait le père Paul Jeandel, aumonier militaire parachutiste, qui refusa de partir avec le bataillon pour rester avec eux.

 

Paul Jeandel

 

 

Deux ans de captivité ("Je suis absolument convaincu que c'est ma condition physique, obtenue grâce à Bigeard, qui m'a valu de survivre") et libération le 31 août 1954. Début octobre, on lui demanda s'il souhaitait rentrer en avion ou en bateau. Cragnant un transit trop brutal et attiré par l'idée d'une croisière, il choisit le bateau et rentra sur le Clément Ader, "un bateau beaucoup plus confortable que le Skaugoum". Arrivée chez lui le 24 octobre 1954, le jour de ses 22 ans.

 

Le Clément Ader

 

 

Après ses trois mois de permission "coloniale", Henri Knoppik est envoyé au 1er RPIMa à Bayonne (la 1ère demi-brigade coloniale de commandos parachutistes ayant déménagé de Meucon à Pau en 1953) pour ses formalités de libération ou de réengagement, son contrat étant terminé. "Je suis resté assis dans un couloir pendant des heures, personne ne m'a rien dit, personne ne me regardait, j'étais un ancien prisonnier d'Indochine, donc mal vu, et en plus personne ne m'a dit que Bigeard partait commander le 3 en Algérie alors, dégoûté, quand on a finit par me demander si je voulais resigner, j'ai refusé et je suis rentré chez moi".

 

Henri Knoppik est titulaire de la Croix de Guerre TOE avec citation, Officier de la Légion d'Honneur et Médaillé militaire.

 

 

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