Henri Mauchamp

 

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Résumé de l'interview

 

Henri Mauchamp est né en 1925 à Champagnole (Jura).

 

"En juin 40, j'avais quinze ans, j'étais en culottes courtes, je suis allé traîner un jour du côté d'un campement allemand, ça s'est terminé par une correction que même mon père n'aurait pas su me donner. Je me suis dit : "on va pas être copains avec ces nouveaux touristes", et je suis devenu ce jour-là résistant sans le savoir". Ainsi commencent les souvenirs de l'infirmier-photographe Henri Mauchamp sur sa carrière militaire.

 

L'entrée effective en Résistance eut lieu dans le maquis du Haut-Jura au sein d'un groupe du colonel Rémy auquel appartenait son père.

 

La fin de la guerre arrive et Henri Mauchamp "retourne dans le civil, mais je ne me suis pas adapté et j'ai signé chez les parachutistes". A l'origine de cette vocation, un billet de train Champagnole - Nancy où se tenait une foire régionale qui comportait un stand tenu par des parachutistes de la demi-brigade de Vannes-Meucon. "C'est là que l'Administration a considéré que j'avais signé", dit-il. Déplacement à Meucon pour finaliser son engagement au 6e BCCP, formation comme infirmier de Corps de Troupe puis opérateur de radiologie, et mouvement sur Quimper en juillet 1948 pour rejoindre son unité, commandée par le chef de bataillon Vernières, où il est breveté para. Il se lit d'amitié avec René Sentenac, Lucien Le Boudec et Jean Herraud. Puis c'est le bateau de Fréjus à Marseille et de Marseille à Saïgon. "On a mangé à bord du mouton midi et soir pendant un mois !"

 

 

1951, après deux blessures au combat, retour en France sur le Skaugoum. Un jour de 1952, l'infirmier Mauchamp est chargé de vacciner à Vannes-Meucon les personnels du "2e 6" qui s'apprête à partir en Indochine. "Nous vaccinions par ordre alphabétique, on devait être aux "L" et je vois arriver un capitaine, un grand gaillard baraqué aux yeux bleus, qui se plante devant moi et me dit :" Bigeard". Je lui ai répondu : "vous êtes en retard, allez à la queue." C'est comme ça que je l'ai connu.

 

Départ volontaire pour un deuxième séjour, où il a la chance de pouvoir choisir son unité, le 1er BCCP, dont il devint l'infirmer en chef "parce que j'avais mon caducée". Le caporal-chef Mauchamp sauta notamment lors de l'Opération Castor mais ne participa pas au dernier saut sur Diên Biên Phu car il était à l'hôpital, terrassé par un typhus amibien. "J'en suis sorti, je pesais 46 Kg".

 

Après le 7 mai, il s'est occupé avec ses deux assistants vietnamiens de prendre en charge les blessés qui arrivaient à Hanoï "parce qu'il n'y avait plus de médecin nulle part à l'hôpital Lanesssan. On en voyait passer à peine un toutes les semaines". Retour en France par avion via Calcutta, Karachi et Beyrouth : 30 heures de vol.

 

 

Pendant ces séjours, Henri Mauchamp était photographe-cinéaste amateur, équipé d'un Foca Universel en aluminium injecté chargé de pellicules couleur et de deux caméras 16 mm.

 

 

1955, il prend en charge le Service de la réforme à Bayonne, chargé de la gestion administrative des blessés de retour d'Indochine. Puis c'est le départ pour l'Algérie au sein du 2e RPC du colonel Chateau-Jobert (dit Conan, auquel succéda le colonel Henri Le Mire), à Koléa. Le C2 du 2 était le chef de bataillon Souquet, qui avait connu l'infirmier-photographe Mauchamp en Indochine. Il lui dit : "Hé bien tu tombes bien, tu vas reprendre le Service Photo en plus du Service des infirmiers".

 

les seules photos en couleur de l'Indochine

 

En fait de Services Photo et Infirmiers, Henri Mauchamp faisait aussi la cuisine pour ses patrons sur un réchaud Primus à pétrole dans l'infirmerie. "Je leur faisais de la soupe à l'oignon, des pâtes au fromage, des frites et tout ça. C'était meilleur qu'au Mess. "ça sent drôlement bon dans votre infirmerie, Mauchamp", me disait le colonel Le Mire".

 

le réchaud à pétrole russe Primus

 

1961, départ à Madagascar en bateau avec femme et enfants "dans une cabine pour nous quatre, en 2e classe, c'était du luxe pour un sergent-chef, avec accès à la piscine du bateau : une croisière de trois semaines". Après Madagascar, c'est la mutation au 65e RIMa à Albi comme infirmier-major de la subdivision militaire du Tarn. A cette époque là, après le Putsh, les parachutistes, interdits de béret amarante, étaient plutôt mal vus par une certaine catégorie de chefs de corps, et Henri Mauchamp décida de faire valoir ses droits à la retraite suite à un incident, quand le Médecin-Major de la subdivision, le colonel Fabre, qui le soutenait dans ses actions, quitta son poste. C'était en juin 1965.

 

Henri Mauchamp, titulaire de la Croix de guerre 39-45, Médaillé militaire, Chevalier de la Légion d'honneur, a fait don de sa collection de films et de photos à l'ECPAD.

 

 

 

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